dimanche

Crowd Analysis for Social Media Class at Bond University

Paranoia

Hier, Dimanche 15 novembre, deux jours après les attaques meurtrières de Paris, je suis allée boire un verre avec deux deux mes amies dans un café Place Igor Stravinsky, près du Pompidou.
Après deux jours enfermées à la maison, regardant les nouvelles à la télé, ouvrant Facebook et tombant que sur des avis de décès, des témoignages de survivants et des nouvelles relatives aux attentats, nous nous sommes dit d'aller boire une bière pour nous changer les idées.

J'ai proposé d'aller à Saint-Michel, mais finalement Châtelet nous arrangeait le plus. J'avais faim, je n’avais pas mangé de la journée, je me suis dit qu'on pourrait aller manger un petit quelque chose. Nous nous sommes retrouvées et fait un grand câlin et avons commencé à marcher dans la rue. Ne nous décidant pas où aller, et ne voulant pas rester dans la rue, nous avons décidé d'aller à un bar où nous avons l'habitude d'y aller : Les Fontaines. Deux d'entre nous sommes fumeuses, mais la troisième en avait marre de devoir chercher une place en terrasse pour que nous puissions fumer. Nous avons donc décidé de nous mettre à l'intérieur, au fond du bar. Dans un certain sens, on se sentirait plus en sécurité si on était loin de la rue. Nous nous sommes assises, compté nos petites pièces au fond du sac, et commandé trois bières. Nous avons trinqué " à la vie " et avons commencé nos conversations de filles. Nous commencions déjà à oublier l'horreur du week-end. Je me souviens que j'avais même du mal à entendre mes copines parler car les barmans chantaient et dansaient, tous les gens papotaient avec bonne humeur. On continuait à vivre, et on fêtait ça.

À peine deux gorgées de nos pas très fraîches bières, la panique commença. Un mouvement de foule vint de l'extérieur. Tout le monde couru dans le bar, se cacher dans les toilettes et au sous-sol. Je sentis les fenêtres vibrer. Les cris, les bruits des tables tombant et des verres se brisant au sol, se mélangeaient et créaient un silence assourdissant. Mes deux amies sautèrent dans les escaliers tandis que mon réflexe fut de me mettre sous la table. Mais les gens se poussaient pour descendre, et deux tables tombèrent sur moi. Je ne sais d'où je sortis mes forces pour les enlever, et je descendis à mon tour par les escaliers. Je ne trouvais plus mes amies, et je demandais au tour de moi : "qu'est-ce qui se passe ?!" Personne ne répondait, on avançait tous vers le fond du sous-sol. Je criais : « Anna ! Leo ! », et j'entendis enfin une petite voix dire : "Yayou !". Heureuses de nous retrouver, mais angoissées par la situation, on continua de marcher tout droit. Sur notre droite, il y avait des bacs avec des bouteilles de bière en verre, et je ne sais pourquoi, on prit tous une bouteille. Comme quoi, l'instinct de survie recherche n'importe quoi pour se défendre. On continua à marcher, et on passa une porte qui menait aux appartements d'à côté. On commença à monter et à courir à travers les étages, espérant que quelqu'un nous ouvre. Mais les portes étaient closes. On ne savait rien, on ne savait pas s'il y avait un fou furieux dehors, s'il y avait eu une bombe, ou si rien du tout se passait.

J'ai appelé la police, expliqué la situation, mais ils ne savaient pas plus que nous. Mes copines, et je pense que moi aussi, étions blanches, pâles, et essoufflées. On laissa quelques minutes s'écrouler, et quelqu'un dit qu'on pouvait recommencer à descendre. On descendit un étage, et à nouveau, quelqu'un criait du bas « Remontez ! Remontez ! ». Nous avons ressorti les dernières forces qui nous restaient, et sommes montées au dernier étage où une famille avec deux petites filles nous ont ouvert. Nous étions une vingtaine là, à attendre, sans rien savoir.

Nous regardions de temps à autre par dessus la terrasse de l'appartement, et voyions la place Igor Stravinsky se vider et se remplir de police.

Au bout d'un moment, la police partit, et la place recommença à se remplir.

Nous sommes redescendues, avons récupéré nos affaires à travers les débris, les verres cassés, les bières écoulées au sol, et sommes sorties du bar, dans la rue. Nous ne savions pas où aller, nous nous sentions vulnérables. Nous sommes rentrées chacune à notre maison respective, et n'avions qu'une envie: ne plus sortir de chez nous, ne plus reprendre un verre dans un lieu public.

Dans plusieurs quartiers ces mouvements de foule et de panique se sont créés simultanément. Comment ? Par un pétard, une ampoule ou une lampe de chauffage qui explose, une porte qui claque, une femme qui crie parce qu'elle s'est cassé un ongle. Une paranoïa collective s'est créée.

Notre cas a commencé, paraît-il, parce que les gens du bar d'à côté se sont levés d'un coup et ont commencé à paniquer. Soi-disant des coups de feu avaient été entendus. Mais rien de cela n’était vrai. La panique collective a pris le dessus, et au moindre mouvement brusque, le peuple s’est affolé.

Nous avons été terrorisées, oui. Nous avons eu la peur de notre vie, oui. Mais en réalité, nous n'avons ressenti qu'un millième de ce qu'ont ressenti les gens au Petit Cambodge, au Bataclan, ou au Carillon. Nous avons été victimes d'une paranoïa qui ne va faire que grandir.

Alors, il faut dire stop à cette paranoïa. Il faut continuer de sortir, d'aller au théâtre, d'aller au Pompidou, au Bataclan, au Carillon. Malheureusement je n'aime pas le riz et les rouleaux de printemps, donc vous ne me verrez pas au Petit Cambodge. Par contre une petite bière au bar Les Fontaines, c'est quand vous voulez ! Continuons tous de trinquer "à la vie" sans qu’un pétard nous mette hors de nous. 

mardi

2006


Ce que dit le serpent


Pour parler, dit le serpent,
Ce que j’aime c’est les mots sournois:
Exécrable épouvantable abominable détestable
Répugnant dégoûtant repoussant
Méchant étouffant perçant envoûtant
Rusé malin mesquin.
J’aime les mots faux et troublants:
Titille attaque bobo
Rat grenouille crapaud
Bouillie hibou escargot
Lombric limace souris musareigne.
Je n’aime pas trop marguerite
Et pas du tout crépuscule.
Ces bons mots je les étouffe dans mes anneaux
Et ça fait un poème de boa.

proyecto 2009



    Tous les soirs, en sortant du travail, Caleb prenait le coche de sept heures qui le laissait à deux ou trois pâtés de maison de la sienne. Cependant, malgré des dures journées, il entamait des conversations avec les autres passagers tous les soirs dans le coche. Il partageait ses opinions, sa vision sur certains aspects de la vie. Il philosophait sans s'en rendre compte. 
   Un soir, il entra dans le coche et s'assit. En face de lui se trouvait un homme de fort belle allure, portant un costume sombre, et une chemise en soie violette. Il palpait dans sa poche, une montre en or, bien reluisante, qui valait au moins 900 onces d'or! Ainsi, Caleb, faisant preuve de bonhomie, le salua gentiment en souriant. L'inconnu lui répondit, puis l'observa avec une grande curiosité. Puis il s'adressa à Caleb:

  - Je me nomme Thadée Kersan et suis le grand propriétaire de ces grands terrains que vous voyez près du Gange. Là, où je vous montre de mon doigt. Hélas, jeune homme, votre élégant habit m'intrigue, dans quel domaine travaillez-vous, que je sache l'origine de cette richesse ? Je vous envie, vous baignez dans le bonheur à ce qu'on voit!

   Caleb, choqué par ces paroles, réplica :

   - Excusez-moi, aimable sire, mais mon habit, je l'ai acheté pour moins d'une once d'or. Mon métier : je suis un avocat des gens qui ont peu de ressources à l'assemblée du grand Desterham. Je m’efforce à ce que les jugements soient les plus équitables possibles, puisqu’en ces temps, la justice est devenu si corrompue et arbitraire. J'essaie d'aider les pauvres gens qui sont piégés et qui se voient obligés à payer des sommes impensables à cette auguste Assemblée. Ce sinistre costume, je le porte donc par obligation. Ne cherchez donc point l'origine d'une richesse, puisque je ne suis pas riche. J'ai ce qu'il faut pour vivre et je suis heureux. Je gagne suffisamment pour subvenir aux besoins de ma femme et de mes trois enfants. Et cela me contente amplement. Oui, je baigne donc dans le bonheur, comme vous avez dit, mais pas par cette fausse richesse que vous avez cru que je possédais. Non, je suis heureux grâce à ma famille, à mes amis. Jamais l'argent ne sera la cause de mon sourire. 

Thadée, surpris par le discours de l'avocat, se tut, puis réfléchit un instant. Son visage devenait de plus en plus froid. Puis, tout à coup, il dit:

  - Je me suis pleinement confondu avec vous. Vous faites partie de ces personnes que je croise tous les jours dans le quartier pauvre, qui se trouve à côté du mien, et qui croient que l'argent est secondaire, que c'est quelque chose d'inutile. Vous vivez dans le mensonge. Vous essayez de vous convaincre vous même que les matérialistes comme moi sont des personnes affreuses, simplement parce que vous n'avez pas d'argent. Vous vous mentez à vous même pour masquer la réalité: vous souffrez car vous ne pouvez pas acheter ce que vous voulez à n'importe quel moment, car vous ne faites pas partie de la haute société et qu'on ne vous invite point au grandes soirées réputées et éminentes. Vous vous faites passer pour des gens d’esprit, alors que la seule chose que vous êtes, c’est des jaloux matérialistes. Sans argent, mon cher, vous ne pourriez pas nourrir vos si beaux enfants.

Caleb, encore choqué par ce nouveau personnage qu'il venait de rencontrer, commença à rire, puis, redevint serieux, et répondit:

- Oh, pardonnez-moi monsieur le riche et célèbre, mais vous divaguez, si je puis me permettre de le dire. À aucun instant je n'ai dit que l'argent était inutile, au contraire, mais il faut juste avoir l'indispensable pour pouvoir vivre. Le superflu n'est pas chose nécessaire. Ainsi, s'il vous plait, monsieur l'agité, modérez-vous et ne jugez pas sans savoir.

 - Écoutez jeune naïf, risposta le grand propriétaire, le bonheur ne peut pas exister lorsqu'on est pauvre; puisque le bonheur consiste à réaliser des plaisirs. Et ceux-ci ne peuvent s'effectuer sans argent. Je vous parle de plaisir, et pas de subsistance. Je vous parle d'habits, d'objets précieux, de sculptures; de maisons somptueuses, de vastes propriétés, de gastronomies prestigieuses... Bref, de luxe ! Monsieur, le superflu, est chose très nécessaire. Que voulez-vous que vous apporte un proche? la seule chose que font les autres, c'est vous obliger à partager vos plaisirs. Surtout moi, qui a une femme fort dépensière, et sept enfants. Imaginez-vous, il faut que je partage mes richesses en huit! Et en plus, ils en veulent toujours encore et encore! L'abondance est la seule chose qui fait que ma famille et moi-même soyons heureux et comblés.

 Stupéfié par la vision du bonheur de Thadée, Caleb, avec un ton serain, alléga en ces termes: 

- Ma famille est la source de mon bonheur. C'est cela ce qu'apporte un proche: le bien-être. Ne vous sentez-vous pas l'être humain le plus heureux du monde lorsque vous arrivez dans votre demeure, et trouvez vos enfants ? Lorsque vous embrassez votre femme ? Lorsque vous maintenez une conversation avec vos enfants, et que les plus petits sont là, à rire et à chanter gaiement, pendant que les autres vous racontent leur journée et vous demandent des conseils ? Monsieur, vous ne vous rendez point compte que ce sont eux seuls qui peuvent vous faire oublier une mauvaise journée, qui vous font passer d'agréables moments. Et surtout, Sire, n'oubliez-vous pas tout le mal de la terre qui existe lorsque vous aller vous coucher, et que vous enlacez votre femme, dans votre lit ? Posez-vous ces questions, monsieur, et vous verrez que vous serez rassasié sans avoir besoin de tant de luxe et d'opulence.
- Que vous parlez bien monsieur le financier de la grande Assemblée, prononça hautainement le riche. Mais navré de vous dire, que je ne changerai point d'opinion. Ma famille ne me sert qu'à gaspiller et dépenser ma si grande fortune. Et c'est cette fortune qui nous rend heureux, moi, ma femme et mes progénitures.

- Je n'essaie d'aucune sorte vous persuader, sire. C'est même vous qui avez commencé cette discussion. Je vais vous dire une dernière chose, monsieur. Imaginez que vous êtes au milieu de la mer d'Oman, seul, et entrain de vous noyer. Que vous viendrait-il à l'esprit? Vos immenses richesses et votre place dans cette société tellement pure et juste ? Ou vos dernières pensées iraient-elles vers ceux que vous aimez ? 

Et sur ces paroles, Caleb quitta le coche et alla rejoindre sa précieuse famille. 

mercredi

Por la calle de sueños






Chaque soir je me retrouve, je vis, je tremble et je soufre.

La nuit, le sommeil,


Mes yeux ne s'ouvrent pas…

un reve, un chemin, une rue, un destin.

…C'est parce qu'ils ne veulent pas.



lundi


  Le chaos, c'est ce qui me plait. Ou peut-être pas.   Je ne sais pas. Se sentir perdu, j'adore, mais ça m'engoisse. Serais-je compliquée ? Sûrement.   Je ne sais rien, et plus je cherche, plus je me perds. J'aime ça                         aussi, mais ça me stresse. La clarté, ça me calme.       Mais la clarté en soi, me brouille aussi. Organiser, planifier, ordonner, classifier, ranger, tout cela je le fais, mais je le déteste aussi.   J'essaie de laisser les choses aller comme elles doivent aller, mais c'est compliqué; tout comme je suis moi.                    Ce dont je suis sûre, c'est que je ne suis sûre de rien.     Ou peut-être pas. Qui sait ? En tous cas pas moi.